Toujours à la recherche de nouvelles idées d’ateliers et de pépites de spécialistes dans le domaine de la création, on a décidé de franchir le périph’ fin mars pour les  JEMA (Journées Européennes des Métiers de l’Art) en vue de nos futurs ateliers mêlant avec subtilité authenticité, proximité et Art ! Ce weekend dédié à l’Art sous toutes ses formes nous a permis de rencontrer des professionnels qui donnent franchement envie d’apprendre pour FAIRE !


En se rendant à la Réserve des Arts à Pantin, on a découvert un hangar digne de la Caverne d’Ali baba « spécial créateurs - green» et inspiré par « Materials for the Art » de New York (une organisation qui récupère des matériaux pour le secteur de la culture et de l’éducation). On y a donc croisé Florian Delépine (F.D.) en plein animation d’un atelier de bricolage organisé spécialement pour l’occasion. A la fois designer et chargé de développement au sein de la Réserve des Arts et animateur d’ateliers de bricolage, Florian fait parti de ces acteurs d'un art de prendre le temps de se revoir à l’abri des bruits de scies, ponceuses et machines à coudre, pour en apprendre plus sur nos activités respectives. C’est donc un mois plus tard qu’il nous a reçu en toute simplicité au sein de la Réserve malgré un emploi du temps bien fourni.

Site de la Réserve des Arts : http://www.lareservedesarts.org/

ENTRETIEN


DIP : Bonjour Florian, merci de me recevoir au sein de la Réserve des Arts. C’est un lieu que j’ai découvert il y a déjà quelques mois et que vous vous chargez d’ailleurs de présenter à tous les visiteurs. Est-ce que vous pourriez nous expliquer la raison d’être principale de ce lieu ? 
F.D. : Bonjour. On a une mission de soutien au secteur culturel et une mission de prévention et de réduction des déchets. Ça part d’un constat : d’un côté il y a les entreprises qui jettent beaucoup de matériaux qui sont des chutes, des rebus de production, qui sont des restes d’évènementiel et de l’autre côté c’est plein de créateurs, d’artisans, plasticien  qui ont besoin de matériaux qui représentent une part importante de leur budget. L’idée à la base c’est de faire l’intermédiaire entre les entreprises qui jettent d’une part et les professionnels qui en ont besoin d’autre part. On prend les matériaux là où ça ne sert plus pour les mettre à la disposition de ceux qui en ont besoin. Un débris ou un déchet c’est très relatif ! Ça peut être à la fois inutile pour quelqu’un et très utile pour un autre.


DIP : Qui  vient à la Réserve ? Et qu’y font –ils ?  
F.D. : Des professionnels du secteur culturel ainsi que des étudiants qui ont besoin de se fournir en matériaux pour créer pour leur activité. Donc ca peut être un intermédiaire du spectacle, un auto-entrepreneur, un entrepreneur à la maison des artistes etc. Ensuite il y a toute l’équipe formée par la Directrice, 6 salariés, des bénévoles et une vingtaine de valoristes qui sont des missionnés de l’extérieur qui font les collecteurs au sein des entreprises et qui trient.  


DIP : Quel est votre rôle au sein de cette réserve ?  
F.D. : Je suis chargé du développement à la Réserve des arts pour imaginer et mettre en place tout ce qui peut permettre de développer la Réserve. On est actuellement en train de travailler sur la mise en place d’un espace « ateliers » qui est d’ailleurs presque fini. On y trouvera des machines en plus des matériaux déjà disponibles pour créer selon les besoins des adhérents. Cela va dans la cohérence de la réserve qui vise à réduire encore plus les déchets et soutenir le monde culturel en mettant à disposition un espace avec des outils, des machines et des compétences pour que les adhérents puissent venir travailler sur place ces matières. C’est vrai que c’est super pratique de tout trouver au sein d’un même espace.


DIP : Qu’est-ce qui vous a le plus séduit dans la démarche de la Réserve ?  
F.D. : Le fait de réduire les déchets grâce à leur potentiel de réemploi et de réutilisation. Il y a beaucoup de choses qui sont jetées et qui ont encore du potentiel et parfois des choses très belles. C’est vraiment dommage ! J’avais aussi imaginé un projet pendant mes études à l’ENSCI (École nationale supérieure de création industrielle) à Paris dans le 11e : l’ « Université Populaire du Bricolage ». C’était mon projet de fin d’étude, qui consistait à développer un lieu de création avec les matériaux et les machines à disposition pour que les gens puissent bricoler avec ou sans aide. Je me suis inspiré de l’existant de la Réserve des Arts.


DIP : Oui cela vous a d’ailleurs valu le 1er prix du concours Design Zéro Déchet ?  
F.D. : Oui c’est cela. Au final, c’est ce que je fais ici , c’est mon projet mais adapté à un niveau professionnel. Ce sera un lieu adapté aussi bien aux designers qu’aux maroquiniers par exemple. C’est vraiment une motivation pour moi qui ne date pas d’aujourd’hui.

 

DIP : Quelles sont vos activités professionnelles en dehors de la réserve ?  
F.D. : A la base, je suis designer mais j’aime beaucoup transmettre tout ce que je sais.  J’ai aussi appris à travailler différents matériaux comme le bois, le métal, etc c’est ce qui m’a fait venir à la réserve.  Je conçois et réalise du mobilier mais aussi des objets plus importants. J’anime donc des ateliers de bricolage pour le grand public toujours dans cette même idée d’être plus à l’aise  avec une machine pour construire eux-mêmes un objet/un meuble. J’en anime au sein de la Réserve mais aussi au sein d’autres associations comme Recyclaction qui promeut le réemploi avec des ateliers de création.


DIP : Qu’est-ce qui vous étonne le plus pendant les ateliers que vous animez ?  
F.D. : L’envie des gens et aussi leur frilosité. En général ils ont un peu peur. Mais dès qu’ils ont fait une fois, il y a quelque chose qui se débloque. Une fois qu’ils commencent à faire, ils sont plus à l’aise pour faire plus. 


DIP : qu’est-ce que vous préférez dans l’animation d’ateliers ?  
F.D. : ce qui me plait c’est de leur offrir les compétences et de trouver des idées d’ateliers selon les besoins et les envies.


DIP : A qui s’adressent vos ateliers ? Est-ce approprié pour des enfants ?
F.D. : En fait je les conçois selon le public intéressé, donc des adultes bricoleurs, ou des enfants mais aussi pour les enfants et leurs parents. J’ai déjà animé des ateliers très simples et très courts sur 1h pour que les parents et les enfants puissent se faire une petite boite. Ils réalisent des choses très simples à faire et chacun participe. C’est vrai que c’est super sympa car on fabrique ensemble quelque chose avec son gamin.


DIP : Quel budget faut-il prévoir pour participer à vos ateliers ?
F.D. : Pour le grand public quand j’anime des ateliers payants ça démarre aux alentours des 20-30 euros. Après tout dépend de l’objet à réaliser et donc du temps que cela va demander. Selon l’objet cela va demander plus ou moins de temps de préparation. Mais il y a toujours une préparation à prévoir. Ce n’est pas juste prendre des matériaux et on se débrouille. Il y a vraiment une réflexion à mener. Et plus c’est personnalisé et plus c’est long. Il y a aussi le temps de la création qui évolue en fonction des matériaux choisis et les formes souhaitées. Je suis designer donc j’ai les compétences pour bien conduire les choses. Ça peut aller de l’atelier d’une 1h à 3 à 4 heures. C’est très large. C’est que j’aime dans les ateliers.  


DIP : S’il y avait un choix à faire entre « développement durable » et « développement artistique » ?  
F.D. : Ce serait l’un avec l’autre ! je pense qu’il est vraiment nécessaire qu’on réinvente nos modes de vie. Il faut inventer et créer.  Avec la créativité justement on apprend à
mieux consommer et à moins consommer. Lorsque l’on conçoit soit même un objet, que l’on a réfléchit et fait de ses mains on réfléchit plus à son entretien et à son utilité. Lorsqu’il s’abime on sait comment le réparer.


DIP : Un rêve ? un souhait pour 2015 ?  
F.D. : J’ai beaucoup d’idées et de projets en tête et pas beaucoup de temps pour le faire... Ce serait de développer des idées d’ateliers de bricolage. J’ai rencontré beaucoup de personnes qui aimeraient plus bricoler. Mais ils ont l’impression que c’est trop compliqué. Alors qu’en deux trois minutes d’apprentissage ils prennent confiance pour faire plus. Moi j’ai commencé par le métal puis le bois, et puis j’ai commencé par des petits objets puis des plus grands.   


Encore merci à Florian d’avoir joué le jeu de l’interview complètement spontané et de nous en avoir dit plus sur son parcours et ses projets !
Pour toutes les idées d’ateliers bricolage que vous souhaiteriez vivre, laissez – nous vos commentaires plus bas. On se fera un plaisir d’étudier la faisabilité de chacune de vos propositions. A vos claviers ^^ !